L’été dernier, la ville de Beringen a testé une technologie innovante pour détecter les nuisances sonores causées par des véhicules. Un détecteur sonore, combiné à notre Mobiqam, a été déployé pour déterminer si des capteurs intelligents permettent de détecter de manière fiable les nuisances sonores, comme les échappements bruyants, les voitures qui driftent et autres sources de nuisances.
La configuration : détecteur sonore + Mobiqam
Nous avons installé un détecteur sonore piloté par l’IA, capable de reconnaître différents types de nuisances sonores : détonations fortes d’échappements, véhicules en drift, pneus qui crissent et moteurs tournant à haut régime. Lorsque le détecteur capte un tel son, il transmet un court enregistrement sonore de 1,5 seconde vers notre portail en ligne, accompagné d’informations pertinentes sur l’événement.
Le détecteur fonctionne sur batterie interne d’une autonomie d’environ 32 heures. Nous l’avons branché à un poteau d’éclairage afin qu’il puisse se recharger automatiquement la nuit.
En plus du détecteur sonore, nous avons également installé une caméra mobile, permettant de vérifier visuellement les événements détectés.
Le résultat : prometteur, mais avec des nuances
Lors de l’évaluation finale, la ville de Beringen s’est déclarée satisfaite du projet pilote. Les détections se sont révélées correctes et correspondaient à de réels incidents. La combinaison détecteur sonore et caméra a bien fonctionné pour la vérification.
Points forts de la technologie :
- Le détecteur fournit des signalements exploitables concernant les nuisances sonores
- La combinaison avec une caméra est essentielle pour vérifier ce qui se passe réellement
- Le système fonctionne de manière autonome grâce à la batterie et à la recharge via les poteaux d’éclairage
- Il offre une réelle valeur ajoutée pour la vue d’ensemble de la situation
- Le détecteur n’effectue pas d’enregistrements, mais analyse le son en temps réel. Il n’y a donc aucun problème en matière de vie privée.
Points de vigilance :
- La classification des signalements dans des catégories spécifiques n’est pas toujours précise
- En Belgique, il n’est (pour l’instant) pas encore possible de verbaliser sur la seule base de nuisances sonores
Ce dernier point est crucial. Aussi fiables que soient les détections sur le plan technique, les possibilités juridiques d’en faire directement usage pour sanctionner restent actuellement limitées. Il est donc important que cette configuration soit utilisée comme un outil. Il faut s’en emparer activement.
Analyse des tendances
Faut-il pour autant abandonner complètement l’idée, faute de possibilité de verbalisation ? Certainement pas.
La manière dont l’organisation exploite activement l’outil fait toute la différence. En collectant et en analysant les données sur une longue période, la zone de police peut identifier des tendances : où et quand les nuisances se répètent-elles régulièrement ? Plutôt que de contrôler au hasard, les patrouilles peuvent être déployées pour des contrôles ciblés sur les points chauds. Ces actions, combinées à l’effet dissuasif de la caméra et du détecteur sonore, peuvent contribuer à une diminution des nuisances.
La détection sonore intelligente présente clairement un potentiel. La mesure dans laquelle les zones peuvent pleinement en tirer parti dépend des choix juridiques et politiques qui seront faits à l’avenir, ainsi que de leur engagement actif dans l’utilisation de l’outil.