Comment garder une vue d’ensemble dans une zone comptant huit casernes et fonctionnant 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 et 365 jours par an ? Cette étude de cas montre comment la zone de secours du Limbourg sud-ouest développe sa salle de contrôle dans une perspective d’avenir, en mettant l’accent sur la facilité d’utilisation, la continuité et l’évolutivité.
Une zone étendue, une centrale de dispatch unique
La Zone de Secours Zuid-West-Limburg couvre une région vaste et diversifiée, avec huit casernes réparties sur l’ensemble du territoire. La coordination opérationnelle est assurée depuis la caserne centrale de Hasselt. La zone comprend des contextes urbains, des zones résidentielles et des espaces ouverts, chacun avec son propre profil de risque et ses types d’intervention.
Parallèlement, la zone est en pleine évolution : plusieurs casernes sont en cours de rénovation, tant sur le plan infrastructurel qu’organisationnel.
Dans ce contexte, la centrale de dispatch de Hasselt joue un rôle crucial. En tant que nœud central, elle doit à tout moment :
- Garder une vue sur ce qui se passe dans l’ensemble de la zone
- Évaluer quels moyens sont disponibles et où
- Visualiser diverses innovations technologiques, telles que des drones et des robots d’extinction
- Soutenir des décisions ayant un impact immédiat sur les personnes et l’environnement
Tout cela dans une opération 24/7/365, où les erreurs ou les retards ont des conséquences directes. La vue d’ensemble n’est pas un luxe ici, mais une condition sine qua non pour travailler en toute sécurité et efficacement.
La vue d'ensemble visuelle comme point de départ
Dans ce contexte, un control room ne représente pas la technologie, mais la vue d’ensemble pour l’opérateur. C’est un environnement de travail qui rassemble l’information d’une manière rapidement interprétable, afin que la concentration puisse rester là où elle doit être : sur les interventions et la sécurité dans la zone.
Pour la Zone de Secours Zuid-West-Limburg, cela signifie un point central unique où l’information est affichée visuellement. Cette vue d’ensemble permet aux opérateurs de voir en un coup d’œil ce qui se passe, quels moyens sont disponibles et où une attention est nécessaire. Dans un control room bien conçu, la friction technologique s’efface au second plan.
Temps d'arrêt minimal, continuité maximale
La rénovation de la centrale de dispatch de Hasselt ne s’est pas faite dans un environnement vierge. La caserne est en service depuis 2018, la centrale tourne en continu et le travail opérationnel ne s’arrête pas pendant une mise à niveau. Cela rend la rénovation dans ce contexte fondamentalement différente d’une construction neuve ou d’un redémarrage.
Chaque intervention devait être réalisée avec une attention maximale portée à la continuité. Cela exige une approche réfléchie, dans laquelle la planification, le timing et le phasage sont au moins aussi importants que le contenu de la rénovation elle-même.
La bascule a été délibérément planifiée à un moment opérationnellement faisable, car lors de la transition, il y avait un moment où la vue sur les écrans précédents disparaissait entièrement.
Aménagement optimal du mur vidéo et du control room
La rénovation de la centrale de dispatch a été construite autour d’une intervention centrale : un mur vidéo étendu servant de point d’ancrage visuel pour l’ensemble du fonctionnement. La mise en place du matériel n’était qu’une première étape. La disposition du mur vidéo et de l’espace doit également être pensée en profondeur.
Le mur vidéo offre une vue d’ensemble dynamique de plusieurs couches d’information simultanément :
- À gauche : une vue géographique de l’ensemble de la zone, avec des symboles pour les interventions — une flamme 🔥 pour un incendie, une croix ✚ pour la présence d’une ambulance, une clé 🔧 pour une intervention technique. Cela rend la vue d’ensemble plus rapidement interprétable que des listes ou des textes.
- Au centre : le cœur opérationnel. Les interventions en cours, les véhicules et le personnel déployés, les moyens disponibles et les informations météorologiques. Le logiciel FrontForce soutient ici le travail opérationnel. Cet outil calcule automatiquement le déploiement optimal et le plus rapide des personnes et des moyens en fonction des informations disponibles.
- À droite : les images caméra de la caserne, des portails et de l’environnement immédiat. Cela permet à l’équipe de partir en intervention en toute sécurité et de vérifier que les portails ont bien été refermés après le départ. Il est également possible de zoomer si nécessaire, par exemple si quelqu’un se trouve à l’entrée.
Le control room lui-même est également aménagé de manière logique. Chaque poste de travail au sein de l’espace a une fonction spécifique, sur laquelle la technologie est alignée :
- Sur quels postes de travail les contrôleurs du mur vidéo sont-ils placés et sur lesquels non ?
- Quels postes de travail doivent recevoir quelles images sur leurs écrans locaux ?
- Où se trouvent les armoires réseau et les serveurs ?
- Comment se connecte-t-on à la salle technique ?
Deux éléments sont ici primordiaux : la continuité du système et la facilité d’utilisation pour les opérateurs, afin de minimiser la friction technologique et de permettre à l’équipe de se concentrer au maximum sur le travail réel.
Les premiers pas vers une intégration complète
La rénovation du control room a été mise en place dès le départ avec une ambition claire : centraliser et faciliter le pilotage des huit casernes de la zone. Non pas comme point final, mais comme un chemin de croissance dans lequel de nouveaux sites et fonctionnalités peuvent être ajoutés progressivement, sans perturber le fonctionnement existant.
Cette extensibilité est essentielle dans le cadre de l’Aide la Plus Adéquate la Plus Rapide (AAPR) : le principe selon lequel le Centre 100 (112) n’envoie plus automatiquement le corps territorialement compétent, mais le corps pouvant être sur place le plus rapidement. Cela exige une vue en temps réel sur la disponibilité, la localisation et le statut des casernes et des moyens — à l’échelle de la zone et en temps réel.
Début 2026, nous avons concrétisé cette vision d’avenir avec le premier raccordement d’une caserne satellite, celle de Beringen. Grâce à la configuration extensible du control room et du backbone associé, cette intégration a pu se faire de manière fluide et maîtrisée.
Ainsi, le control room évolue avec la zone et avec les évolutions en matière de secours, et reste un instrument fiable pour réagir rapidement, adéquatement et en toute sécurité — aujourd’hui et à l’avenir.